Vidéo vidi visum #2, Paris (France), Galerie Poggi et Bertoux associés

2010 19 - 29 janvier


Exposition collective. Avec Jérémie Andrei Scarciafiga, Juliana Borinsky, Alain Cavalier, Julien Crépieux, Cédrick Eymenier, Dominique Furgé, Christian Lebrat, Marylène Négro, Oleg Tcherny, Curtis W. Winter et Rémy Yadan. Commissaires : Jérôme Poggi et Peter Bertoux.


La galerie Poggi & Bertous associés, en collaboration avec Objet de production, inaugure l’année 2011 sous le signe de la vidéo en présentant la seconde édition de Vidéo vidi visum du 19 au 29 janvier 2011. Partant des diverses conjugaisons et emplois possibles du verbe video auxquels nous invite le célèbre dictionnaire franco-latin Gaffiot, l’exposition réunit une dizaine d’artistes internationaux dont les oeuvres sont montrées projetées sur écran, diffusées sur moniteur ou encore sous forme d’installation, voire de photographies.

Une soirée ITHINK sera organisée autour du film d’Alain Cavalier Ce répondeur ne prend pas de messages (1978) avec Jean-François Robin (directeur de la photographie), Matthieu Orléan (Cinémathèque française) et Dominique Furgé (artiste), le jeudi 20 janvier.

Eclectiques aussi bien dans leur forme que dans leur fond, les oeuvres exposées dans cette nouvelle édition partagent néanmoins une même préoccupation du temps, compris dans un sens large aussi bien structurel que narratif et fictionnel.
Temps du médium lui même chez Julien Crépieux qui décompose image après image le film Blow up d’Antonioni à l’aide d’un kaléidoscope, dont l’effet transforme des plans cinématographiques en plans géométriques irréguliers répétés à l’infini.
Christian Lebrat joue du même rapport espace/temps à travers ses rubans photographiques, dans lesquels il contient dans la longueur d’une pellicule photographique une séquence entière d’un film d’Hitchcock, tandis que Juliana Robinsky crée au contraire une véritable séquence cinématographique à partir d’un fragment de pellicule, dans l‘épaisseur duquel elle pénètre par balayage électro-magnétique jusqu‘à une échelle nanométrique.
C’est en revanche dans l‘épaisseur de sa Time line qu’Oleg Tcherny intervient, superposant les pistes d’une prise de vue panoramique de la lagune vénitienne qu’il étire ainsi dans le temps jusqu‘à la rendre totalement abstraite à mesure que le philosophe Giorgio Agamben lit un texte de Galilée.
Laurent Fiévet suspend quant à lui le temps dans une installation vidéo qui joue avec la frustration et l’impatience du spectateur, tout comme le fait l’américain C. W. Winter dans ses Time Lapse Video dans lesquels rien d’autre n’advient que le temps qui passe, attisant d’autant l’attention du spectateur.
Le temps lui-même devient le protagoniste principal de certains films : temps du deuil avec ce répondeur ne prend pas de messages qu’Alain Cavalier a réalisé en 1978 à la suite de la disparition de sa compagne, temps de la résistance et de la mémoire vive avec Rémy Yadan filmant le regard tendu de ces mères argentines qui continuent à se réunir sur la Plaza de Mayo à Buenos Aires pour que ne soit pas oubliées les victimes du régime militaire de 1976, temps prémonitoire chez Marylène Negro avec Bonne aventure filmé à travers la boule cristal une voyante à Barcelone, temps schizophrène dans l‘étonnant dialogue entre deux jumeaux que Jérémie André-Scarcciafiga a filmé dans Durand et Durant.
Dans sa vidéo 365, c’est la densité relative du temps et des imperceptibles événements qui le constituent que Dominique Furgé a sondé en filmant pendant un an à travers les branches d’un arbre situé sous les fenêtres de son atelier.
Enfin, c’est un sentiment du temps tout aussi relatif et pour le moins mélancolique qui ressort de la ballade urbaine dans laquelle nous entraîne Cédrick Eymenier à travers la ville de Tokyo, sur une bande son signée par Oren Ambarchi, Taylor Deupree et Akira Rabelais.





Galerie Poggi et Bertoux associés
+ objet de production.
Adresse : 115-117, rue La Fayette
75010 Paris.
Ouvert du mardi au dimanche, de 14 heures à 22 heures.
www.galerie-poggi-bertoux.com/

Exposition

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