Whistle

2012-2015



Tout en renvoyant étroitement aux dispositifs, aux objets et aux images déployées dans la série d’installations Épreuves du Temps, la série Whistle se compose de montages qui constituent, comme dans Swing High, Swing Low, autant de variations autour d’un motif commun : une femme saisie dans la contemplation d’un ou plusieurs oiseaux en cage.

Sûres d’elles-mêmes ou plus intimidées, celles-ci manifestent, dans les extraits filmiques remaniés dans des jeux de va-et-vient, différents degrés d’affirmation face à l’existence qui traduisent tantôt une résolution à prendre leur destin en main, tantôt une certaine passivité face à leur entourage. A travers les différentes attitudes présentées, une forme d’émancipation semble, par moments, esquissée dont la cage, objet explicite d’enferment, propose une dimension métaphorique.

A travers le sifflement qu’elles adressent aux oiseaux et la symétrie des plans dans lesquels ils figurent conjointement, un processus d’identification s’engage en effet progressivement entre les personnages et les volatiles. Comme saisies entre espoir et frustration, effet de projection et repli, les figures féminines se retrouvent comme confrontées à elles-mêmes en les regardant s’agiter, dans une série de modulations autour du désir féminin qui exprime selon les cas, tantôt une forme de détermination à réaliser leurs rêves, tantôt un renoncement à les voir se concrétiser.

D’un autre point de vue, ce rapport entre extérieur et intérieur engage plus simplement une réflexion sur le rapport de la figure au cadre de la représentation, voire des différents liens que le spectateur est susceptible de tisser entre lui et l’image filmique dont chacun des plans, grâce au regard des personnages et l’effet de surcadrage qu’y introduisent chacune des cages qu’ils observent, proposent une illustration. A moins que l’on considère que dans ce processus de mise en abyme, ce soit l’adhésion aux œuvres vidéo présentées qui se trouve discrètement interrogée à travers ces femmes attentives, leurs attitudes étant susceptibles de renvoyer à celles des spectateurs rassemblés dans l’espace d’exposition. Leurs sifflements se transformeraient ainsi en commentaires plus ou moins incisifs tandis qu’une forme d’auto-critique serait à l’oeuvre.

Air n°14 - Johanna
(2015)

Whistle
(2012-2014)

Air n°13 - Ema
(2014)

Air n°12 - Gabrielle
(2014)

Air n°11 - Christiane
(2014)

Air n°10 - Teresa
(2014)

Air n°9 - Sibyl
(2014)

Air n°8 - Lucienne
(2014)

Air n°7 - Kate
(2014)

Air n°6 - Blanche
(2014)

Air n°5 - Melanie
(2014)

Air n°4 - Marion
(2014)

Air n°3 - Anne
(2012)

Air n°2 - Irena
(2012)

Air n°1 - Tess
(2012)

Copyright © 2016 Laurent Fiévet