Swing 17

2012





Boucle vidéo de 14 mn 34.






Swing 17 se structure en boucle autour d’un long plan de Murders in the Rue Morgue de Robert Florey où la caméra a été fixée sur une balançoire sur laquelle est assise Sidney Fox. Ce procédé, commun à Swing 5 et Swing 8, confère au corps en mouvement une certaine fixité et invite le spectateur à partager les sensations du personnage en donnant l’illusion que l’espace se meut autour de lui au rythme de battement de l’objet.

A la différence des montages réalisés autour des séquences de Charulata et d’Une Partie de campagne, le mouvement de la balançoire a été toutefois dans Swing 17 fortement ralenti. Ce changement introduit dans la perception de la séquence une sensation d’instabilité et de déséquilibre que contribuent à accentuer des effets récurrents de basculement de l’image où le personnage sur la balançoire apparaît présenté tête en bas comme si l’assise sur laquelle il se tenait s’était brusquement retournée. Le personnage féminin semble réagir régulièrement à ces changements de gravité en manifestant son étonnement ou en secouant fortement la tête, engageant par là-même, avec le spectateur qui assiste à ces altérations une certaine forme de complicité.
La présence d’une figure masculine (interprétée par l’inquiétant Bela Lugosi), se tenant à terre et debout aux côtés de la jeune femme, complique cependant la perception de la scène. Guidant de sa main le mouvement de l’objet, tirant sur la corde pour engager par moments des effets d’accélération, celui-ci semble participer directement au trouble sensoriel, voire le provoquer. Au point qu’on peut se demander si le personnage ne cherche pas à étourdir volontairement sa partenaire, au même titre que le spectateur qui en partage les sensations. Malgré ses réactions, la jeune femme semble curieusement résignée à cette situation. Elle adopte dans ce contexte une attitude ambiguë teintée à la fois d’innocence, de soumission et de connivence.
Si la balançoire constitue bien l’outil qui contribue à égarer ces sens, elle s’impose toutefois également comme une protection qui l’empêche de sombrer, la campant, malgré les jeux de retournement, fermement au centre de l’image là où tout semble autour d’elle basculer.

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