Swing 8

2012





Boucle vidéo de 03 mn 30.






De la séquence iconique de la balançoire d’Une Partie de Campagne de Jean Renoir, probablement l’une des plus célèbres où intervient ce motif, Swing 8 ne retient qu’un court plan rapproché, montrant Sylvia Bataille se hisser de la terre jusqu’au ciel. Grâce à un système ingénieux solidarisant le corps de l’opérateur à celui de l’actrice sur la balançoire, la caméra y fixe le visage lumineux de la jeune femme pour pointer chacune de ses expressions et mieux scruter les effets que ce mouvement entraîne chez le personnage qu’elle incarne.

Opérant différents jeux de va-et-vient dans le plan, le montage prend la forme d’une boucle qui distend cet instant fugace dans la durée. Suivant rigoureusement la trajectoire du corps dans l’espace, il en communique directement au spectateur les sensations dans un effet de vertige sensoriel également à l’œuvre dans d’autres montages de la série comme Swing 1, Swing 16, Swing 17 et Swing 5 qui s’en rapproche fortement sur un plan formel.

Tout en accompagnant le mouvement de balancier, la musique s’en détache pourtant très rapidement pour suivre le fil plus autonome d’une narration. Très illustrative, elle invite l’ensemble du récit filmique à refluer en masse au sein de la scène pour pointer à la fois la fragilité du personnage et la complexité de ses désirs. Déployée aussi bien à l’envers qu’à l’endroit, conformément à la logique de déplacement du corps dans l’espace et la logique de construction du montage, elle sert à la fois au spectateur de point d’ancrage et de repère pour mieux l’embarquer dans des rêveries où peuvent se mêler plus ou moins étroitement les souvenirs du film et des émotions qu’il contribue à engendrer.

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