Swing 1

2012





Montage vidéo de 04 mn 15.






Swing 1 retravaille la texture visuelle et sonore d’un bref extrait de deux plans de Jaws (Les Dents de la mer) de Steven Spielberg. Les mouvements d’une balançoire, faisant une apparition furtive dans le champ, y sont utilisés comme prétexte à engager au sein du fragment filmique une série de nombreux va-et-vient qui, en pointant certains moments clefs d’une situation d’apparence anodine (le départ au travail du père de famille interprété par Roy Scheider), soulignent la complexité des rapports affectifs qu’entretiennent les personnages en présence.

Bien que proche structurellement de montages antérieurs comme Ink red!, l’œuvre l’œuvre rend hommage à Passage à l’acte de Martin Arnold qui, en jouant de manière analogue sur un battement de porte., proposait en 1999 une étude sociologique de la famille américaine à partir d’un extrait assez court de To Kill a Mockingbird de Robert Mulligan. En se déplaçant dans le jardin familial là où l’œuvre d’Arnold jouait sur une scène d’intérieur, Swing 1 en propose à sa manière une forme de continuité spatiale et de prolongement dans le temps.

Malgré la référence horrifique proposée au film de Spielberg, il est tout autant question dans le montage d’une violence à l’œuvre comme c’était le cas dans le film expérimental, que de l’expression d’une forme d’inertie directement liée aux rapports tissés entre les personnages. La famille y apparaît certes comme une cellule protectrice prompte à écarter de ses membre le moindre danger mais également une entité dévorante et castratrice susceptible d’enrayer tout épanouissement personnel. Les mouvements de balançoire qui dictent sa logique structurelle au montage traduisent cette ambivalence diffuse en rejouant et en remettant par là directement en cause la nature des liens préalablement engagés entre eux.

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