Light

2012


Light - photogramme




Installation vidéo existant sous la forme d’un montage unique ou de deux montages présentés sur deux écrans.
Boucle de 2 mn 05.






Comme son titre l’indique, Light est une œuvre sur la Lumière. La représentation d’une boule de neige lancée contre le patin de Sonja Henie y est prétexte à célébrer sa fulgurance, sa puissance d‘émerveillement et sa force d’éblouissement.

L’œuvre joue sur les limites de la persistance rétinienne pour animer le corps de la patineuse, montrée occupée à rectifier le lacet de sa bottine. Prise dans un mouvement de répétition qui démultiplie les projectiles jetés dans sa direction, celle-ci semble, malgré la reprise exacte dans le montage du même extrait très court, enveloppée dans un mouvement continu qui donne l’illusion qu’elle dévie la tête toujours plus loin alors que le fragment utilisé demeure paradoxalement identique et reprend en conséquence toujours là où il a commencé. Un très léger effet de clignotement, consécutif à l’écartement des extraits inlassablement repris dans le montage, propose une référence au dispositif cinématographique et au défilement de la pellicule dans le projecteur. Régulier dans un premier temps, il finit par ralentir et provoquer une forme d’enrayement – rappelant celui du tourne-disque signifié par le mouvement de la patineuse dans Pardon me, boy – comme si la pellicule finissait par bloquer l’appareil pour une raison obscure. La manipulation du lacet permet de relayer à l’image cette résistance, au même titre qu’un froncement fugitif de sourcil, changeant brusquement l’expression du visage du personnage.

Les motifs déployés et les gestes exécutés par Sonja Henie travaillent à une érotisation de la scène qui permet de convoquer les thématiques sexuelles de la série Ice. L’œuvre ne manque d’ailleurs pas d’identifier brièvement le lanceur des projectiles qui fait en début de montage une très brève apparition. Fugitive, toute resserrée sur la dynamique du lancer, elle empreint le geste de ce dernier d’une violence qui peut rappeler le comportement de John Payne dans You can do this. La répétition des boules heurtant la lame du patin apparente d’ailleurs son attitude à une sorte de défoulement qui prend sa partenaire pour cible.

Light existe sous la forme d’un montage unique mais également de deux montages consacrés respectivement à chacun des deux protagonistes. Cette seconde version permet de rendre plus concrète encore le déplacement de la lumière dans l’espace que vient figurer la chute régulière des projectiles et de renforcer la référence que propose l’installation au dispositif de projection.



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