Play it again

2012


Play it again (photogramme)




Montage vidéo de 2 mn 20.






Troisième volet de la série Ice, Play it again met en scène, au même titre que Pardon me, boy, la championne de patin à glace et vedette hollywoodienne Sonja Henie.

Le montage s’attarde plus particulièrement sur un ensemble de figures acrobatiques réalisées par la jeune athlète sur la glace. Enchaînant, grâce à des jeux d’allers et retours dans la continuité des plans une combinaison de pas et de pirouettes à un rythme effréné, il complexifie considérablement sa prestation pour la transformer en un numéro de très haute voltige. Toujours plus complexes, les figures se succèdent à un rythme inhumain et haletant au gré d’une dynamique que ne manque pas de renforcer la musique que joue un orchestre, relégué la plupart du temps hors champ, mais semblant exiger toujours plus de la danseuse à travers le tempo imposé pour mieux la pousser dans ses limites physiques. Un effet comique finit par se dégager de cette difficulté toujours accrue qui, au même titre que celle de la patineuse, contribue à souligner la virtuosité du montage et des moyens qu’il met en œuvre volontairement laissés plus ou moins visibles pour engager un jugement technique digne d’une compétition sportive.

Tout en commentant l’effet extrêmement incitatif de la musique qui accompagne le numéro et que redouble le plaisir du spectateur à voir s’enchaîner les morceaux de bravoure, le titre de l’œuvre propose une référence à l’une des répliques les plus célèbres de Casablanca de Michael Curtiz qui fut réalisé quelques mois à peine après le film de Bruce Humberstone. Conformément au sujet du film reposant sur une tension entre amour et devoir, entre la liberté d’assumer ses désirs et l’obligation de suivre une certaine ligne morale – ainsi qu’aux thèmes déployés dans Coming out, le montage principal de la série Ice, traduisant l’exaltation d’assumer une sexualité préalablement tue -, le numéro acrobatique propose, à travers ses va-et-vient incessants, la matérialisation d’un sentiment d’indécision, engageant ses logiques de revirements et, comme chez Curtiz, de retour dans le temps, ainsi que ce qui peut apparaître, comme une forme finale de résolution.

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