Flying Stallions Circus

2010





Installation vidéo pour trois projecteurs.
Boule à facettes, spots lumineux à couleurs changeantes.
Trois boucles vidéo de 45 minutes.






L’installation rassemble les cinq premiers montages de la série They Shoot Horses Don’t They? : On The Brink, Rideau!, Keep dandin’, Sunday Night et Wool Stockings. En les présentant alternativement, deux par deux, voire trois par trois projetés sur trois des murs d’un même espace d’exposition, elle engage une série de dialogues entre eux proposés dans un cycle d’une durée de quarante cinq minutes.
Une version plus complexe de l’installation joue sur la présence d’un quatrième mur dans un espace contigu.

L’œuvre semble au premier abord décloisonner l’isolation des danseurs. En les confrontant côte à côte ou face à face dans la salle des projections, elle les fait régulièrement évoluer au rythme de la musique des autres. Pour se faire, aucune des chorégraphies des montages de la série n’aura été modifiée – l’intervention ayant essentiellement consisté à caler temporellement les œuvres les unes par rapport aux autres dans la durée du cycle et à répartir les images sur chacun des murs de la salle d’exposition. Tout au plus les boucles de Sunday Night et Keep Dancin’ ont-elles été brisées et le très long montage de On the Brink, scindé, par moments, en de plus brefs extraits.

Malgré l’apparente convivialité qui se dégage de la mise en réseau des danseurs, les corps se refusent pourtant à tout mélange. Si d’un mur à l’autre de la salle les regards semblent se croiser et les gestes se répondre, le caractère immuable des chorégraphies trahit le caractère artificiel de la rencontre et engage un constat de solitude et d’enfermement. Plus gravement encore, l’intervention de l’autre finit par provoquer un effet d’éclipse qui travaille à l’idée d’une certaine rivalité entre les figures en présence et d’une nécessité de prendre le pas sur l’autre pour continuer d’exister sur la piste. Plusieurs subterfuges sont alors mis en place pour résister à ce manège comme celui de migrer d’un mur à l’autre de la salle.

Assimilé à une sorte de concours de danse ou de performance chorégraphique, l’installation pointe la nécessité de détourner l’attention du spectateur. Incité à faire évoluer son regard d’un point à l’autre de l’espace d’exposition, celui-ci est d’ailleurs mis en position de faire constamment des choix, en suivant un montage de bout en bout où en partageant son attention entre plusieurs. La question de la nécessité de l’œuvre à attirer les regards pour exister, à jouer sur des ressorts de séduction pour attirer l’adhésion du spectateur, s’en trouve dès lors posée.

Le dispositif de présentation invite d’ailleurs à différents positionnements face aux images. Afin d’éviter d’altérer les projections ou de mieux voire les interactions engagées entre les montages, il entraîne les spectateurs à se regrouper progressivement dans un espace relativement restreint de la salle de projection. Si cette inscription érige bien le visiteur en juge et censeur, le place comme centre d’intérêt des danseurs, elle apporte également une dimension critique et positive par rapport à cette situation. Dans une société en proie à des formes de rivalités et d’isolement, elle souligne en la nécessité du regroupement et de la solidarité comme refuge.

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