Drowning Figures 1

2018-2019



Un peu plus de quatre ans après Carlotta’s way et Returning Carlotta’s way, Drowning Figures engage un nouvelle série de confrontations entre l’art d’Alfred Hitchcock et de Diego Velasquez. A la séquence de la tentative de noyade de Madeleine à Fort Point qui marque dans Vertigo le premier contact physique entre les deux protagonistes, défilant au ralenti tantôt en mouvement normal, tantôt à rebours, l’œuvre associe des détails d’une série de tableaux du maître espagnol comprenant six portraits équestres (représentant respectivement le Prince Baltasar Carlos, le prince Philippe III, le roi Philippe IV et Gaspar de Guzman, Comte-Duc d’Olivares, ainsi que La Reine Marguerite d’Autriche et La Reine Isabel de Bourbon), introduits parfois sous la forme de variantes aux attributions plus controversées (pour les portraits de Philippe IV et du Comte-Duc d’Olivares), celui d’un cheval blanc privé de cavalier et trois portraits de chasseurs dont certains aux modèles communs (Le Prince Baltasar Carlos, Philippe IV et Le Cardinal-Infant Fernando d’Autriche).

A force de répétition, la structure iconique du Golden Gates impose sa marque au sein de l’œuvre. Tout en guidant les mouvements de flux et de reflux que ne cessent de construire les montages à travers les redéploiements de la séquence hitchcockienne et de la partition herrmannienne qui lui est associée, elle permet de rendre compte des jeux d’échange qui s’engagent entre les deux registres d’images utilisées et les effets mouvants de stratification que leur confrontation met en place sous la forme de surimpression. Il est question ici d’une immersion dans les images, littéralement illustrée par les corps des protagonistes dans les eaux glacées de la baie de San Francisco où les figures apparaissent soumises à des effets divers de frottement, d’interaction, de pénétration et de contamination, qui modifient sensiblement le regard que nous pourrions porter sur elles.

L’œuvre existe à la fois sous la forme d’une projection unique d’une boucle de 3h23 et d’une installation déstructurant le montage en cinq boucles d’une trentaine de minutes. Elle adopte tantôt une forme symphonique invitant les images et les sons à dialoguer au sein de l’espace d’exposition, tantôt une forme plus classique d’immersion qui décline indéfiniment les mêmes sujets et postures.

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